I made a deal with myself

J’ai du mal à voir le bout du tunnel de boulot du moment, mais j’ai résolu désormais, quand je me retrouverais dans ce genre d’état d’exténuation débile, de réserver un week-end ou des vacances dans un avenir pas trop lointain, pour compenser. Voilà, comme ça au moins, on sait pourquoi on bosse : pour aller photographier des briques à Gdańsk, Amsterdam et Mönchengladbach. (Can’t wait.)

Maaaaa viiiiiie (4)

Maintenant que le printemps est là, que j’ai dépoussiéré mon appareil photo pour quelques clichés de briques parisiennes et transféré mes instagrammeries, je me rends compte que j’ai hâte, hâte, d’aller me promener le nez en l’air à Lille puis dans le coin de Manchester dans les deux mois qui viennent. J’ai hâte de flâner, en somme, un drôle d’état un peu paradoxal qui requiert deux accents circonflexes. (Et cet enthousiasme me rassure un peu, après la léthargie morbide de cet hiver.) (Bon, c’est peut-être aussi parce que là tout de suite je ne suis pas sortie de chez moi depuis cinq jours et que je sature un tout petit peu.)

Æ

Une drôle de ligature a attiré mon regard sur les tables des bouquinistes (un rien m’amuse, vous savez) :

Outre le fait qu’on sait normalement composer des titres allemands en capitales “umlautées” depuis un bon moment…

(Variante 1, les deux points sont de part et d’autre de la pointe du A.)
(Variante 2, l’umlaut est au-dessus de la pointe.)

… on a surtout l’habitude de voir une autre façon “à l’ancienne” d’écrire les capitales à umlaut en allemand, avec un petit “e” surmontant la lettre concernée :

(Cette édition est contemporaine de l’édition française photographiée ci-dessus, début des années 1950.)

Certes, le Æ se croise aussi parfois en Germanie. Wikipedia indique que cette ligature était une lettre à part entière en Mittelhochdeutsch, c’est-à-dire le moyen haut allemand parlé entre 1050 et 1350. Bon, ça date un peu. On le retrouve par exemple encore sur cette superbe façade en briques d’un immeuble d’Augsbourg datant des premières années du XXe siècle (crédits)…

… mais je ne suis pas persuadée que la réflexion de l’éditeur français soit allée jusque là, si ? (Oui, oh, bon.)