Je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie

Sur les huit derniers mois, je me rends compte que quatre commandes (dont trois d’un volume non négligeable) que j’ai traduites ont été le fruit de recommandations de consœurs sympa. Les quatre étaient intéressantes et se sont merveilleusement bien passées ; les clients étaient sympas, n’ont pas mégoté sur les tarifs et m’ont payée promptement. Vive les consœursetamies, bref. (Je renvoie l’ascenseur aussi quand j’en ai l’occasion, hein.)

Take out your cape

Comme chaque fois que je tombe malade en pleine charrette, je me prends à rêver d’un service de traducteurs remplaçants super-polyvalents qui interviendraient deux, trois, quatre jours, juste le temps d’avancer sur le texte ou le sous-titrage en cours, juste pour ne pas foutre en l’air le planning soigneusement concocté, juste pour ne pas m’obliger ensuite à mettre les bouchées doubles tout en étant encore patraque, juste pour m’éviter de frôler le burn-out trois fois par hiver à cause d’un fucking rhume.

Un genre de brigade de traducteurs volante, quoi, ça pourrait avoir de la gueule.

(Est-ce que je les imagine en tenue de super-héros là tout de suite ? ÉVIDEMMENT.)

Dèja vou

Longtemps, j’ai eu des sueurs froides quand par hasard A. devait relire mes trads de documentaires (ou inversement), 1. parce qu’A. est une traductrice qui déchire et 2. parce qu’elle m’a formée à ce métier il y a mille ans.

C’est un peu passé avec le temps et surtout, on a moins d’occasions de travailler ensemble, ce qui finalement n’est pas plus mal pour la qualité de mon sommeil et mon ulcère.

Du coup, j’avais oublié cette sensation bizarre d’être une écolière (vieillissante) qui se ronge les ongles d’angoisse et se trémousse mal à l’aise sur sa chaise, mais elle est revenue fissa ces derniers jours avec ce film destiné à être simulé par R., tout aussi brillante et qui m’a formée au sous-titrage (il y a également mille ans, donc).

(J’en déduis donc que ça ne disparaîtra jamais non plus.)

Comme convenu

Comme convenu, j’ai livré avant 10 h. Hier, j’avais comme convenu livré avant 14 h. Comme convenu, j’ai écrit “comme convenu” dans mon mail de livraison, car je veux que mes clients sachent que j’entretiens une passion immodérée pour les locutions adverbiales superflues et puis j’aime bien souligner un petit coup que je livre à l’heure, surtout quand ça m’a demandé une quasi-nuit blanche pour tenir le délai (alors non, ça le client n’a pas besoin de le savoir, mais moi je sais ce que renferme ce “comme convenu”). Comme convenu, j’ai allumé une clope. Comme convenu, je vais me faire couler un bain. Comme convenu, je suis très, très lasse. Comme convenu, je vais encore faire mes factures et notes de droits d’auteur pour le mois puis aller m’allonger une heure. Comme convenu, il faudra ensuite s’y remettre sans trop tarder. (Comme convenu, les prochaines vacances sont en juin.)